Paroles de parieur : interview de Sébastien alias Capybet

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Le 01/06/2020 à 09h00
Par Alexis
interview parieur capybet

Présente-toi en quelques lignes (Qui es-tu ? D’où es-tu originaire ? Depuis quand paries-tu ? Etc)

Hello ! Je suis « Capybet », tout du moins c’est le pseudo que j’emploies pour les paris, sur twitter ou autres plateformes de bilan. De mon vrai prénom, Sébastien. Et j’adore les Capybara, d’où, dans un grand élan de créativité, la genèse de mon pseudo. J’ai 37 ans et je vis dans le Nord, près de Lille, depuis 4-5 ans. Je vivais auparavant en région parisienne. Aucun regret d‘en être parti. Il faut quand même se le dire, les bonnes bières c’est « là-haut » qu’on les trouve. ^^ J’ai commencé à parier en 2015, tout d’abord de manière occasionnelle et via Parions Sport dans les bars-tabacs. Autant dire que c’était comme si je jouais au loto…mais sur du sport. Je me suis inscrit sur mon premier bookmaker (en ligne) en 2017. Entre ce moment et la coupe du monde 2018, je suis petit à petit passé de parieur occasionnel à parieur régulier. C’est à l’issu de cette coupe de monde que je suis réellement devenu parieur régulier et que je me suis inscrit sur Betivore, en août 2018 de mémoire.

Quel est ton profil de parieur ? (Amateur ? Pro ? Régulier ? Occasionnel ?)

Je suis, bien entendu, parieur professionnel, j’en vis allégrement et je vais vous expliquer comment gagner 3 457€ en 18 minutes sur du live en ARJEL grâce à ma méthode infaillible ! Comment ça ? Vous n’y croyez pas ?

Nooon, je suis parieur amateur. Je parie pour le plaisir. C’est pour moi presque un « loisir ». Le plaisir d’analyser, de traiter des données, de construire des matrices, des modèles, d’essayer d’en sortir des prévisions etc. Même si j’apprécie cette partie analyse, je n’en aborde pas moins les paris de manière sérieuse et comme un potentiel investissement long terme qui pourrait avoir un rendement supérieur à d’autres produits d’épargne ou d’investissement. Je dis bien potentiel, car cela implique de pouvoir dégager un ROI suffisamment intéressant versus le temps consacré et le niveau de risque. Ce qui est loin d’être évident. Et, bien entendu, l’argent que je consacre à ma bankroll sont des montants que je suis prêt à perdre et que d’ailleurs je considère comme « perdu ». Attention toutefois. Même si du point de vue comptable, si je puis dire, je considère ces sommes perdues, je n’en gère pas moins ma bankroll en bon père de famille. Je respecte scrupuleusement mes unités de mise versus le niveau de risque en cherchant à maximiser mon utilité. Je ne vais donc pas m’aventurer à faire un all-in sur un combi côte 1 198@ par appât du gain ; le « il suffirait que cela passe une fois ».

J’en reviens à la question du temps, que j’évoquais plus haut. C’est à mon sens, une variable clé. Combien de temps consacrer à cette activité ? Temps, que je ne pourrai donc allouer à d’autres tâches/activités. C’est un vrai questionnement pour tout parieur qui se veut sérieux. En tout cas, c’est cette recherche de l’optimisation de mon temps vs les résultats qui sous-tend toute ma démarche dans les paris sportifs ; comment maximiser mes performances en y consacrant le moins de temps possible ?

Quel est ton sport de prédilection en paris sportifs ?

Mon sport de prédilection dans les paris sportifs est clairement le foot ! J’ai eu une période où je pariais également sur le tennis ATP. Mais j’ai arrêté car mes résultats étaient trop aléatoires et pas suffisant par rapport au temps qu’il fallait y consacrer. J’ai donc choisi de me focus uniquement sur le foot d’autant plus que mes résultats y étaient encourageants. Je ne dirais pas « bon », non plus. Mais, en tout cas avec des éléments intéressants qui commençaient à se dégager et qu’il me fallait travailler, approfondir pour essayer de passer un cap. Il m’a fallut prioriser. « La stratégie, c’est essentiellement choisir ce qu’il ne faut pas faire », pour citer Porter. Donc aujourd’hui c’est foot, foot et foot. De temps en temps je prends des paris sur d’autres sports, mais c’est uniquement en faisant du suivi de tipsters. Et ces prises de paris, c’est en « perso », au sens où je ne les renseigne pas dans mon bilan Betivore. Dans cette même logique de concentration de mes efforts, et de recherche d’optimisation de mes résultats, j’ai également petit à petit resserrer mon périmètre d’actions sur le foot. En effet, à mes débuts je pouvais parier sur n’importe quel championnat. Aujourd’hui je suis focus sur 4-5 championnats, ceux qui semblent me réussir le mieux. Et pour lesquels j’ai aussi un minimum d’intérêt.

Quels sont les types et formules de paris que tu privilégies ? (1N2, Over/Under, BTTS, combinés, simples)

Mon astuce pour maximiser la value ce sont les combinés en ARJEL, sur les over dans des championnats exotiques ayant un TRJ au moins inférieur à 85%. Attention ce passage est sponsorisé par les actionnaires de la FDJ. ^^

Plus sérieusement, mon type de paris ce sont les 1N2 en simple. Pour être plus précis la grande majorité de mes paris sont des handicaps asiatiques que je fais manuellement. +0/+0.25/+0.5 principalement, mais ce n’est pas exclusif. Je n’ai pas toujours utilisé les handicaps asiatiques. A mes débuts je faisais du 1N2 pur et dur. Mais quand j’ai découvert les handicaps asiatiques (début 2019), j’ai réellement fait un bond dans mon approche des paris sportifs et surtout mes résultats se sont significativement améliorés. Depuis, ils sont la pierre angulaire de ma stratégie. Cela ne veut pas dire que c’est la méthode miracle. C’est juste celle qui aujourd’hui me convient le mieux. Il me semble qu’un des principaux challenges pour un parieur c’est de réussir à identifier son « style », identifier les approches qui lui réussissent le mieux, les sélectionner petit à petit et les façonner en permanence pour en tirer le meilleur. Ainsi pour d’autres ce sera les Draw, les BTTS, les corners ou les penaltys de la tête. Soyez vous-mêmes !

En complément des handicap asiatiques, j’ai commencé à ajouter une autre corde à mon arc en travaillant les over, principalement les over 2.25/2.5/2.75. Les résultats sont plutôt encourageants même si mon échantillon est bien trop faible pour le moment. Ce sont des types de pari que j’apprécie et qui du point de vue de l’analyse sont stimulants car ils me font sortir du schéma « qui a la plus grande probabilité de gagner ». En revanche, vous ne trouverez pas de paris Over dans mon bilan Betivore (ou très peu) car les cotes proposées en ARJEL (et le TRJ appliqué par la même occasion) sont juste horribles. C’est injouable, sauf erreur notable du bookmaker (inversion etc.), mais cela ne court pas les rues.

Quelle stratégie mets-tu en place pour parvenir à tes objectifs ?

Gagner, tout simplement. Et c’est la stratégie que tout le monde devrait appliquer.

Ah…on me murmure dans l’oreillette que cela ne se voit pas dans mon bilan Betivore !

Avant de parler de stratégie et savoir la(les)quelle(s) je mets en place, il faut avant tout définir la vision/les objectifs. Cette vision c’est d’être gagnant à moyen/long terme avec un ROI autour des 2-3% en ARJEL, quand je dis moyen/long terme ici, je parle d’un horizon 3 ans environ (3 saisons à compter de cet été). Pas très ambitieux me diriez-vous. Peut-être, mais pragmatique. J’ai aujourd’hui un ROI sur Betivore à -5,5% en 1170 bets, donc je pars de loin. Cela passe par une première étape finir une saison dans le vert ! Cela passe par une analyse de mon bilan actuel. En ce sens les stats disponibles sur Betivore me sont fort utiles, cela pourrait être encore mieux, on en a déjà parlé, mais c’est suffisant pour faire le 80/20 en termes d’analyse de bilan. Une des actions clefs de mon plan stratégique c’est focus focus focus. Je me suis trop éparpillé et j’ai continué à persévérer sur des championnats/compétitions qui de toute évidence ne me conviennent pas : Ligue 1, Championship, Champions League, Europa League entre autres, + le tennis que j’ai d’ores et déjà arrêté depuis presque une saison. Sur ce périmètre, c’est 38% des bets de mon bilan mais 88% de mes pertes ! Je vais donc me concentrer sur mes championnats de prédilection : Ligue 2, Liga en ARJEL et en complément les championnats Norvégien, Islandais et Sud-Coréens. Et je me fais quelques excursions aux Iles Féroé en ce moment (mai). Mais pour ces derniers championnats je ne les recommande pas du tout en ARJEL, les cotes sont bien trop basses et la marge des bookmakers colossale. En fonction des résultats, je me pencherai peut-être sur l’ajout d’un ou deux autres championnats mais pas de ligues majeures : peut être la Liga 2, la Série B ou un « petit » championnat en nombre d’équipes.

Globalement, j’apprécie les divisions « inférieures » (au sens pas les premières divisions) ou les championnats moins médiatisés et avec peu d’équipes. Il me semble plus facile d’y trouver des value et j’ai moins de biais cognitifs qu’avec un championnat plus médiatisé et que je connais mieux comme la Ligue 1. En effet, l’une des composantes clés de ma stratégie est que je m’appuie principalement sur les stats, des prédictions/proba qu’un événement se produise. Le fait de ne pas trop connaitre les joueurs etc. me permet de traiter l’information avec une forme de distanciation (sociale ^^), un regard neutre. Cela peut paraitre étrange pour des personnes qui s’appuient sur leur grande connaissance du foot pour effectuer leurs paris. Mais cette approche stats/analyse est ce qui me réussit le mieux. Et surtout elle me permet de répondre à l’un de mes critères clefs évoqué plus haut : l’optimisation de mon temps ! Ainsi une des actions clés qui compose ma stratégie pour les saisons à venir c’est améliorer l’automatisation et industrialisation de l’analyse statistiques et des « prédictions ». Cela devra sans doute passer par l’apprentissage de Python, R etc. car Excel va vite trouver ses limites. Bref un sacré programme.

As-tu une astuce maison à nous partager ?

Alors ce n’est pas une astuce maison, mais c’est un rappel…et aussi un point clé de ma méthode. Une côte c’est une probabilité estimée (par le bookmaker) qu’un événement se produise. Ainsi pour une cote à 1.50, c’est une probabilité estimée à 66% que l’événement se produise (auquel il faut intégrer aussi la marge du bookmaker, bien entendu). Si vous pensez que sur ce match c’est du 60/40, cela signifie que la cote proposée n’est pas value (sur la base de votre analyse) et donc il ne faut pas la jouer. Je suis très rigoureux sur ce point, surtout en ARJEL, si une cote proposée n’est pas EV+ par rapport à mon estimation de probabilité que tel ou tel événement survienne alors je ne la prends pas. Je passe à autre chose. Alors bien sûr mon analyse est peut-être complément erronée et quelqu’un ayant un autre regard sur l’événement pourrait y voir de la value par rapport à son propre schéma d’analyse. Vous allez sans doute trouver ça chiant, mais c’est une règle de conduite que je me suis fixé et je m’y tiens. Ainsi en couplant mes probabilités estimées (sur la base de l’approche que j’évoquais plus haut) avec les cotes des bookmakers j’identifie les paris qui me semble value sur un ensemble de matchs. Par exemple sur les 10 matchs d’une journée de Ligue 2. J’ai ainsi une short-list de bets possibles que je viens ensuite conforter (ou pas) avec une analyse un peu plus poussée des matchs concernés (joueurs absents, forme récente, actualités…)

Pour quelle(s) raison(s) utilises-tu la plateforme Betivore ?

J’ai rejoint assez tôt la plateforme Betivore, dès août 2018 juste après la coupe du monde, alors que je devenais un parieur régulier et que j’amorçais une démarche sérieuse dans mes prises de paris. Je ne l’ai pas du tout utilisé en me disant je suis tipster et je veux partager mes picks. Mais avec comme approche : je suis parieur, je veux suivre mes prises de paris facilement grâce au bilan/stats etc., je veux être transparent dans mes performances si jamais je décidais d’aller plus loin et commencer à partager mes picks (ce que j’ai effectivement fait, même si c’est de manière modeste et que cela n’est pas systématique) et je veux aussi m’en servir comme outil de veille. Par outil de veille, j’entends que pour un événement donné sur lequel j’envisage une prise de paris je vais d’abord analyser rapidement les tendances sur les plateformes de partage de paris tel que Betivore pour me faire une idée d’où va le marché (les parieurs). Cela confirme-t-il ou infirme-t-il mon avis et le pari que j’envisageais de prendre ?

Aujourd’hui que je partage de temps en temps mes paris sur twitter et/ou via mon site web, il me semble normal d’être transparent sur mes performances avec un bilan identifiable, accessible et certifié. Ainsi toute personne qui souhaite me suivre, suivre mes paris sait exactement où il met les pieds, même si des performances passées ne préjugent pas des performances à venir. Par ailleurs, les niveaux de détail fourni dans les bilans Betivore permettent de creuser un peu (pour ceux qui en font la saine démarche) et d’aller au-delà du ROI global. Ainsi par exemple dans mon cas, j’ai certes un ROI global négatif et avec un trend plutôt moche, mais en creusant les performances par compétition il en ressort des performances positives sur certains championnats (Ligue 2, Liga notamment).

bilan foot capybet

Bref je trouve que la démarche d’une plateforme telle que Betivore est saine dans le milieu des paris sportifs. Car parmi les « tipsters » (personne partageant ses picks) il y a trop peu de bilans ou alors trop de bilans tronqués, flous, biaisés. Je trouve aussi cela sain en termes de prévention sur les paris sportifs, qu’il ne faut pas attendre monts et merveilles en termes de gains etc. et qu’il faut gérer cela de manière prudente et pragmatique. Alors oui, je ne fais pas rêver en disant cela mais des parieurs qui se mettent en difficulté financières parce qu’ils gèrent mal leur bankroll ou qu’ils ne suivent pas les bonnes personnes ; arnaqueurs, VIP bidons, ou tout simplement tipsters avec de mauvais résultat. Il y en a pléthore malheureusement. Sur la base de mes résultats passés, je ne suis pas non plus gagnant à long terme (donc je suis peut-être dans cette troisième catégorie) mais en toute transparence les followers potentiels le savent grâce à mon bilan Betivore.

Quels sont tes objectifs pour les mois à venir (si tu t’en es fixé) ?

Mes objectifs sont déjà personnels, avec la naissance de mon deuxième fils il y a quelques mois. Cela va pas mal m’occuper et c’est prioritaire sur tout le reste, surtout les paris. Sur le plan des paris mes objectifs sont de rester focus sur mes forces et ne pas m’éparpiller, d’être plus constant dans mes résultats (j’ai du mal à enchainer de belles séries) et enfin de relancer une tendance à la hausse dans mes résultats. Même si mon ROI global ne remonte pas dans le vert à court/moyen terme ce n’est pas ce qui m’importe. Ce qui compte, et ce que je ressasse souvent au boulot aussi, c’est la tendance. « The important is the trend » comme me le répéter souvent un de mes précédents managers. Mon objectif principal sera clairement de relancer une tendance haussière et de stopper la descente du Galibier. ^^

Le mot de la fin… (en 1 phrase)

Les paris sportifs ne sont pas qu’une mécanique d’engrenages où l’on applique systématiquement les mêmes outils ou systèmes, c’est faire des choix dans un environnement incertain et volatile et sur la base d’informations incomplètes. Et pour effectuer ces choix il y a aussi, au-delà de l’analyse et de l’expérience, un « ingrédient secret » que l’on ne cultive pas assez : l’intuition.

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